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Omaha blues... La préface !

En avant-première, la préface rédigée par

Jean Quellien,

Professeur émérite

Université de Caen Basse-Normandie

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Le Débarquement et la Bataille de Normandie, en dehors des approches historiques, ont inspiré bien des genres : films de fiction, documentaires, bandes dessinées, romans, témoignages, livres pour la jeunesse… des thrillers aussi, tel La Lune d’Omaha de Jean Amila auquel l’auteur adresse d’ailleurs un clin d’œil.

Patrick Amand a choisi de nous offrir ici une douzaine de nouvelles, mêlant astucieusement réalité et fiction. Réalité car l’arrière plan historique est toujours bien présent, y compris dans les moindres détails. Patrick Amand est parfaitement documenté et il est difficile de le prendre en défaut. Sur un fond de réalité, il a su greffer des récits où son imagination – fertile et débridée – se donne libre cours.

Ces histoires sont-elles vraiment imaginaires ? Au départ, elles sont le plus souvent inspirées d’un fait réel ; ce qui n’échappera pas aux passionnés du Débarquement, même si les noms et les lieux ont été changés. Derrière le pseudo parachutiste britannique, « Will Tucot », on reconnaîtra aisément Howard Manoian, faux parachutiste mais véritable imposteur, qui exploita des années durant la crédulité des gens de Sainte-Mère-Église jusqu’à ce que la supercherie soit découverte en 2009.

L’avion de transport C 47 SNAFU Special, héros d’une autre nouvelle, est bien celui que l’on peut voir au musée de la batterie de Merville ; heureusement les membres de l’équipe qui s’est occupée de son rapatriement d’un lointain pays de l’Est vers la Normandie n’ont pas connu le sort funeste que leur réserve Patrick Amand dans La Malédiction du Dakota.

De même, le char Bold qui trône paisiblement sur la place de Gaulle à Courseulles, sauvé des eaux par un certain « Jean Lornois » alias Jacques Lemonchois, se retrouve, lors du 40e anniversaire du Débarquement, à l’origine d’un massacre en règle d’invités allemands perpétré par deux vétérans canadiens tout à la joie d’avoir retrouvé « leur » char… et quelque peu éméchés.

On le devine, Patrick Amand aime l’humour noir et les dénouements hitchcockiens. Nous aussi. Il ne déteste pas non plus l’uchronie, cette réécriture de l’Histoire à partir d’un événement du passé modifié. Partant de l’hypothèse d’un assaut allié sur les côtes normandes le 6 juin 1944 repoussé par les Allemands, il nous décrit - dans un épisode délirant - ce qu’aurait pu être le monde bien des décennies plus tard ; un monde qu’il vaut mieux avoir évité. Une façon peut être, par cette pirouette, de rappeler l’importance et de saluer la portée du Débarquement dont nous commémorons le 70e anniversaire.